Les promoteurs de la monnaie virtuelle en France jouent la transparence

Gonzague Grandval, le patron de Bitcoin-Central, plaide pour la mise en place de règles communes.

Les affres de la plate-forme japonaise MtGox constituent pour les aficionados du bitcoin un signe de plus de la nécessité de jouer la transparence pour assurer la pérennité de ce protocole, à la fois devise virtuelle et système d’échange. « Bitcoin ne transporte pas les données personnelles, mais il n’est en rien anonyme : toute opération y est signée et enregistrée dans une base de données accessible à tous. Une transaction bitcoin pourrait donc faire office de système d’authentification », souligne Gonzague Grandval, président-directeur général de Paymium, propriétaire de la plate-forme d’échange française Bitcoin-Central.

Cette plate-forme a connu au printemps dernier d’importantes attaques pour lui voler ses bitcoins. Mais, alors qu’elle a été obligée de fermer durant cinq mois, ses clients « pouvaient toujours retirer leurs fonds quand ils le souhaitaient », précise Gonzague Grandval. Depuis, Paymium a relevé son niveau de sécurité. « Nos serveurs ne donnent plus d’accès direct à des bitcoins », affirme-t-il. Les clefs privées qui servent à signer les transactions en bitcoins sont désormais stockées dans des « cold storages » répartis dans différents coffres de banques traditionnelles.

Pour s’assurer la solvabilité de sa plate-forme, Paymium a aussi mis en place un système d’audit et de contrôle de ses bases de données afin que toute transaction initiée soit bien réconciliée avec les sommes stockées. « Bientôt nous publierons des rapports périodiques de solvabilité pour montrer que nous disposons bien des sommes confiées par nos clients », précise Gonzague Grandval. Sur les 60.000 inscrits sur Bitcoin-Central, 10.000 sont actifs et génèrent l’équivalent de 200.000 euros échangés chaque jour.

Paymium a par ailleurs confié à l’établissement de paiement Lemon Way la gestion des euros des clients de Bitcoin-Central. « Nous n’avons pas accès aux euros de nos clients et nous sommes hélas les seuls en Europe à respecter la directive des services de paiement qui encadre la gestion pour compte de tiers de plate-formes comme la nôtre », souligne Gonzague Grandval. Ce carcan réglementaire ne l’empêche pas de prospérer, le nombre de clients de Bitcoin-Central augmentant de 20 % par mois environ. C’est dans cette logique que Paymium participe à la création de l’association Bitcoin France qui regroupera grandes entreprises, associations, écoles d’ingénieurs et particuliers pour peser dans le débat sur le paiement électronique et sur tous les sujets autour de la monnaie virtuelle. « Cette technologie est à la Carte Bleue ou à PayPal, ce que l’email était par rapport au fax. Cela correspond à une innovation de rupture dans les moyens de paiement », promet Gonzague Grandval.